LES FILLES DU DOCTEUR MARCHENT
S’inscrivant en pleine Guerre de Sécession, L’État sauvage nous propose donc de suivre une famille de colons français installée dans le Missouri. L’arrivée des nordistes sème la pagaille et les contraint à retourner en France. Pour cela, ils devront traverser le pays, guidés par Victor Ludd, un ancien mercenaire au passé forcément trouble qui, pour ne rien arranger, le suit à la trace. Le grand voyage commence donc et il sera semé d’embûches, tout comme son issue semblera de plus en plus incertaine.
Dès les premières secondes, David Perrault montre qu’il aime le western crépusculaire tendance Andrew Dominik puisque sa photographie et la composition de ses plans renvoient directement à L’Assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford. Une référence qui pourrait être gênante sur le long terme, mais qui, heureusement, s’étiole rapidement. L’État sauvage est à la croisée de plusieurs visions du western : Dominik, donc, mais aussi Tarantino période Les 8 Salopards, tout comme le True Grit des frères Coen. Il reprend d’ailleurs de ce dernier sa volonté mythologique et initiatique.
En effet, à travers cette histoire, c’est avant tout le parcours de la jeune Esther (Alice Isaaz, impeccable) qui nous est raconté. De sa découverte de l’amour à son émancipation, de sa position au sein de la sororité à sa place dans le monde, le personnage est le centre névralgique de toute l’intrigue, tout autant que le porteur du message du film. Avant d’investir plus avant ce terrain, restons encore quelques instants sur l’aspect formel du film, encore une fois preuve d’une grosse ambition de la part de son artisan.
Alice Isaaz, valeur montante du cinéma français
Et c’est vrai que l’amour des grands espaces tout autant que la déférence à la mythologie de l’Ouest transpirent dans chaque plan, tout comme la volonté de rendre hommage en même temps que de s’approprier un langage cinématographique qui n’est pas monnaie courante chez nous.
Cela n’empêche cependant pas une certaine complaisance à certains moments, avec une envie de faire de belles images qui nuit un peu à la fluidité dramatique du film, tout comme certaines limitations techniques et un petit manque de cohérence entachent l’une des séquences prévues comme étant l’une des plus impressionnantes. Rien de grave cependant puisque, techniquement, le film se tient. Il est abouti, abordé avec intelligence et léché. Un peu trop peut-être…
Horizons lointains et féminins
MEXICAN STAND-OFF
Malheureusement, cette grande ambition dévoile son visage plus obscur lorsque nous attaquons le fond du film. Le gros problème de L’État sauvage, c’est que David Perrault voulait certainement en raconter beaucoup trop pour un film de 1h48. Ainsi, les intrigues s’échappent, s’éclatent dans la dramaturgie et perdent tout l’impact recherché.
Il aurait probablement mieux fallu réduire la fenêtre de tir et prêter davantage attention à son héroïne principale, le personnage de Victor (interprété par Kevin Janssens) et leur antagoniste symbolique pour plus d’efficacité plutôt que de créer un arc scénaristique par protagoniste en voulant tout mener de front simultanément.
En résulte, tristement, un déséquilibre total entre les enjeux de chacun et l’importance qu’on leur accorde, le tout englobé dans un brouillard un peu gênant concernant la temporalité et la géographie des événements. On en arrive à certains moments, pourtant cruciaux, qui déboulent sans vraiment de justification et, de ce fait, passent totalement à côté de l’effet recherché.
Résultat : le récit se dilue, accumule les contresens et les approximations, allant presque jusqu’à annihiler sa belle idée de départ (une réflexion sur l’amour et le couple, et leurs multiples visages, mis en rapport avec notre côté pulsionnel et sauvage). Autre souci, et il est plus problématique : cette volonté de verser dans le symbolisme un peu trop appuyé au point d’alourdir le propos et, au final, ne pas vraiment le faire avancer comme le réalisateur semblait le souhaiter. Comme les personnages ne sont pas vraiment travaillés, ils ne dépassent jamais leur archétype et cette grande aventure initiatique à vocation mythologique finit par tourner à vide. Dommage.
Le film est trop long surtout la première partie avec la chanteuse d’opéra et le pré générique inutile avec cette histoire de diamant qui n’a aucune incidence sur l’intrigle à venir il faut attendre très longtemps avant d’avoir un peut d’action j’ai failli m’endormir moi qui est pourtant un grand amateur de western,oui l’es acteur sont bien (l’actrice principale me rappelle une jeune Elisabeth Béart)mais encore une fois le film peine à décoller,dommage
J’y cours
Pour une fois que le cinéma français produit autre chose qu’un film où on écrase des cigarettes dans un cendrier en rabâchant le catéchisme politiquement correct.
Pourquoi ne pas apprécier tout simplement un film ambitieux et nous emmenant loin de Paris et des éternels soucis des bobos
Courez voir ce western français Youpi