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Cannes 2015 : Sorrentino brigue la Palme d’Or avec Youth

Par Chris Huby
20 mai 2015
MAJ : 14 octobre 2018
2 commentaires
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On attendait Paolo Sorrentino au tournant. Car après son chef-d’œuvre La Grande Belleza, présenté en compétition officielle en 2013, il était difficile de conserver un tel niveau d’excellence. A l’époque, le réalisateur italien était pourtant reparti bredouille du festival et ce, malgré une critique unanimement favorable.

Youth narre l’histoire de Fred, un chef d’orchestre en vacances dans les Alpes avec son ami réalisateur à succès. Les deux hommes ont passé les 80 ans. Chacun d’eux a une manière différente d’envisager l’avenir. Film sur la vieillesse et sur le rapport que l’on entretient au passé, Youth suit la logique de l’œuvre de Sorrentino. Les amours et les choix sensibles de chacun font et défont les émotions qui sont au coeur de l’humain. Alors que Fred, le chef d’orchestre, se mure dans son rapport à la musique, reniant les autres et en premier lieu sa fille, Mick s’enfonce dans l’émotionnel quitte à en devenir légèrement gâteux.

Sorrentino maitrise son sujet. La réflexion sur l’utilisation des émotions à travers l’art est une excuse pour aller sonder dans le cœur des amours arrêtés trop vite. A l’instar de la Grande Belleza, les passions sont inspirantes tout autant que destructrices. Et pour les artistes, c’est un poison lent mais nécessaire. Michael Caine et Harvey Keitel composent ensemble un duo de personnages absolument remarquable.

La photographie les magnifie ainsi que Rachel Weisz et Jane Fonda. La réalisation du metteur en scène italien est à son plus haut niveau, extrêmement soutenue et nettement moins tape à l’œil que dans ses premiers métrages. Sur certaines séquences, on sent la présence des vieux maîtres, tel Fellini, planer sur le film, tandis qu’ici et là, le fantôme de Visconti hante les thématiques de ce récit doux-amer. Visuellement magnifique, le film marque tout de suite l’œil et l’esprit.

Sorrentino revient donc en force avec son nouveau film, une réflexion mélancolique et drôle sur l’appréhension de la vieillesse.

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Ha ha Ho ho

En même temps d’autres trouvent son cinéma parfaitement de mauvais goût.
Comme quoi…

Dirty Harry

Ce que j’aime avec ce réalisateur c’est son gout pour le beau, la beauté, l’élégance filmique et esthétique, ça fait du bien à l’oeil. Très heureux de le voir visiblement en forme.